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C’est en ce lieu que se cache la bête immonde.
Sur cette terre de rocailles et de cendres,
Elle attend patiemment l’heure de son avènement.
Je suis celui qui l’a libéré,
Je suis celui qui a été tenté,
Je suis le spectateur éternel de ma lente agonie.
Mon nom, je l’ai presque oublié et pourtant,
Depuis cette tour de pierre noire où je me trouve,
J’aperçois la flamme vacillante de l’espoir.
Quelque chose hors de son antre semble l’avoir
inquiété,
J’ai senti un frisson au plus profond de ses chairs
putrides,
J’ai vu la faible lueur de mon salut
Déchirée le voile des ténèbres indicibles.
J’ai contemplé de mes yeux si longtemps clos
La lame qui viendrai briser mes chaînes
Et c’est dans ce fugace moment de liberté dérobé à la
bête
Que je pus vous conter la funeste histoire qui est la
mienne.
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